NOTRE HISTOIRE

Aux origines de l’organisation pour une citoyenneté universelle

Très engagées dans la dimension internationale de leur action et sur le respect des droits humains, agissantes depuis longue date sur les questions liées à la migration, quelques organisations de la société civile dont la Fondation France Liberté, Emmaüs International et le Mouvement Utopia – fondatrices de l’OCU – ont cherché à élargir la réflexion à l’occasion du Forum social de Dakar, début 2011, y menant des débats et des ateliers, apportant des contributions à l’occasion des assemblées de convergence. Outre leur appui à la Charte Mondiale des migrants, leur point d’entrée majeur était la liberté de circulation et d’installation des personnes, en référence à l’article 13 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. Cette période coïncide avec l’explosion du nombre de morts liés aux naufrages en Méditerranée.

Six perspectives d’action visaient à redéfinir des politiques novatrices en la matière et remettre la liberté de circulation au premier plan :

• Rétablir la vérité sur les causes et la réalité des migrations, reconnaître leur impact positif
• Dénoncer et combattre la peur de l’étranger et les idées reçues.
• Lutter contre la discrimination et la persécution
• S’appuyer sur le droit et le faire respecter
• Réintroduire une relation saine entre migrations et développement
• Placer les migrations au niveau de la discussion internationale

Une des conclusions du FSM, fut la promotion de la Liberté de Circulation et c’est autour de celle-ci que se sont mis au travail les trois associations nommées plus haut, afin de rassembler leurs expériences et développer une action en commun. Cet axe de travail du FSM de Dakar fut partagé lors du Forum Social Mondial sur les Migrations qui s’est tenu en novembre 2012 à Manille, aux Philippines, et avait pour thème « Mobilité, Droits et Modèles Globaux : à la recherche d’alternatives ». La notion de citoyenneté universelle a notamment été reprise dans la déclaration finale de ce Forum.

Ces efforts permettent d’aboutir à la création de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle, deux ans plus tard, en février 2013, avec deux initiatives principales :

• L’une, symbolique et porteuse de sens : la création et la délivrance d’un passeport de citoyenneté universelle
• L’obtention d’une conférence mondiale des Nations-Unies sur la liberté mondiale de circulation et d’installation.

2015, l’OCU devient un réseau international pour une gouvernance alternative des migrations

En 2015, l’OCU a organisé un colloque sur la gouvernance alternative des migrations avec comme objectif de poser le cadre éthique, historique, statistique et politique du débat sur les migrations internationales et de jeter les bases d’une stratégie collective d’action pour un changement réel des politiques migratoires.
Envisageant les migrations comme un enjeu social profondément transnational, ce colloque visait d’une part à défendre une vision de gouvernance fondée sur une discussion multilatérale en donnant la place à d’autres modèles migratoires que le modèle européen portés en Asie, en Afrique et en Amérique latine. C’est ainsi que l’O.C.U, initialement impulsée par des organisations françaises de solidarité internationale ou mouvements internationaux -le Mouvement Utopia, Emmaüs International, France Libertés- a pu concrétiser sa vocation à s’inscrire dans une dynamique internationale multilatérale en étant rejointe par les réseaux internationaux suivants : Espacio Sin Fronteras (Amérique Latine), Alternative Espaces Citoyens (Niger, réseau Maghreb-Sahel), Center For Migrant Advocacy (Philippines, Asie), le CCFD-Terre solidaire (France, international).

Ce colloque avait également vocation à poser la question des acteurs à rassembler pour porter une gouvernance alternative des migrations. Avec la participation remarquée de représentants élus d’autorités locales dont Damien Carême, maire de Grande Synthe et actuel président de l’ANVITA et Fernando Haddad, ancien maire de São Paulo et initiateur d’une approche et mise en pratique alternative de la question migratoire dans cette ville-monde, le projet de construction d’une alliance entre la société civile et les autorités locales s’y est imposé comme un objectif prioritaire pour la mise en œuvre d’un changement réel et radical des politiques migratoires.

En juillet 2016, la ville de São Paulo a accueilli le Forum Social Mondial des Migrations. Ce dernier a notamment abouti au lancement d’un appel « à la construction d’une alliance entre les mouvements sociaux et les autorités locales pour avancer vers une citoyenneté universelle et la construction d’une gouvernance alternative des migrations internationales ».

L’O.C.U s’est ensuite engagée dans une étude afin d’identifier de façon précise les pratiques alternatives de villes et autorités locales en France et dans le monde.

Ce travail s’est traduit par l’élaboration de trois livrets sur les bonnes pratiques orientés autour de trois entrées :

• par les villes : « Des municipalités qui agissent »
• par les compétences : « Compétences et responsabilités des villes »
• autour de deux types de « bonnes pratiques » portées par les autorités locales : « 10 exemples de politiques municipales solidaires et alternatives à l’égard des migrant.e.s » (à paraître):
• celles qui se concentrent sur les personnes migrantes comme actrices de la ville,
• celles qui fondent les politiques de l’accueil des personnes en exil sur la co-construction avec les différents acteurs de la société civile

De 2016 à 2018, les membres de l’O.C.U ont concentré leurs forces autours d’initiatives collectives de la société civile française solidaire des migrant.e.s :

Le Sursaut Citoyen

Une cartographie des initiatives solidaires qui montre « qu’une autre France existe, accueillante et mobilisée aux côtés des migrant.e.s », et qui a permis de rendre visible plus de 1000 initiatives sur tout le territoire

Les Etats Généraux des Migrations

le résultat d’une forte convergence d’organisations (470 au total) qui après s’être rassemblées en juin 2017 derrière une même tribune adressée à E. Macron pour exiger « un changement radical de la politique migratoire française et européenne qui passerait par une véritable consultation de la société civile », a lancé un processus de consultation décentralisée dans lequel plus d’une centaine d’assemblées locales se sont engagées, aboutissant à l’adoption d’un socle commun en mai 2018 pour « une politique migratoire respectueuse des droits fondamentaux et de la dignité des personnes » et à la rédaction d’un livre de l’inacceptable (en cours de finalisation).

Faisant le constat que, parallèlement à ces dynamiques citoyennes, des autorités locales accueillantes françaises et européennes ont également avancé dans un effort de convergence face à des politiques migratoires toujours plus xénophobes et privatives de droits en Europe, et revenant du Forum Mondial des Migrations de Mexico où l’importance de la collaboration avec les autorités locales a été réitérée, l’O.C.U entend se consacrer activement en 2019 à œuvrer pour la construction d’alliances entre autorités locales et société civile.

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