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Aucun être humain n’est illégal

Dans le grand fourre-tout des approximations en matière de migrations, l’expression « illégaux » ou « irréguliers » est le plus souvent utilisée pour qualifier les migrant-es, signe incontestable d’une approche désormais banale et quasi universelle par la criminalisation et par la discrimination. Depuis des années, le déploiement continu, inflationniste et parfois indéchiffrable des législations et réglementations pour tenter de contrôler les flux migratoires en est la traduction la plus éclatante. Il est utile de rappeler ici qu’au cours de l’Histoire il n’en a pas toujours été ainsi, comme lorsqu’il s’agissait pour les Etats d’empêcher leurs citoyen-nes de quitter le territoire et au contraire d’accueillir ceux qui provenaient de l’extérieur… le passeport étant d’ailleurs une invention très récente (datée de la moitié du XIXème siècle). Il conviendrait dès lors de revenir à la conception politique commune adoptée par la grande majorité de ces Etats, au milieu du XXème siècle, exprimée dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et son article 13 sur la liberté de circulation des personnes. Après les désastres de la première partie du siècle, il fut communément admis que la mondialisation devrait désormais se construire sur un socle de valeurs partagées et la recherche de la paix, de la liberté, de la justice pour toutes et tous. Le contexte géopolitique actuel et les aspirations des humains devraient nous amener à plus de réalisme et nous convaincre que la sagesse montrée en 1948 garde tout son sens. La soi-disant « illégalité » affirmée trop souvent aujourd’hui n’est qu’une construction temporaire, appelée à disparaître. Rappelons donc inlassablement qu’au regard des conventions internationales, toujours en vigueur, la migration n’est donc aucunement illégale et ni les migrant-es des « illégaux ».

Un accès aux droits identique pour tous les êtres humains

Dans le même ordre d’idée, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, reprise dans nombre de constitutions des Etats, a consacré les principes de liberté, d’égalité, de justice et de progrès pour tous les êtres humains, quel que soit leur lieu de naissance. Dans la Déclaration, ce n’est pas seulement un ensemble de droits qui sont énumérés, ou leur caractère inaliénable qui est souligné, c’est aussi leur interdépendance qui est affirmée: ils n’existent pas les uns sans les autres. C’est d’ailleurs pourquoi il faut sans cesse rappeler que la liberté de circulation doit pouvoir s’appliquer avec la perspective d’exercer d’autres droits, et cela dans l’espace international ou national. Comment avoir droit à la vie, à la liberté, à la sûreté de sa personne, si l’on ne peut être protégé de la torture, de l’esclavage, ou de traitements inhumains ? La liberté de circulation permettrait bien souvent de sauvegarder sa vie, tout simplement, qu’elle soit privée ou familiale. L’ensemble des droits économiques et sociaux devraient également être accessibles à toutes et tous, quel que soit le territoire et devraient pouvoir s’exercer indépendamment des nécessités liées à la survie. Ce sont donc les aspirations de chacun-e à la dignité qui doivent prévaloir, qu’il soit riche ou pauvre, puissant ou opprimé.

Rétablir une approche fraternelle et éthique des migrations

En faisant appel à la raison et à la conscience, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme convoque immédiatement dans son premier article l’esprit de fraternité comme devant guider l’action des un-es envers les autres. Le droit ne serait qu’une belle construction de l’intelligence, au mieux un rempart contre l’injustice, s’il n’était inspiré dans son application par des principes éthiques et exercé au nom de valeurs essentielles: la fraternité, l’hospitalité ou le respect de l’autre, mon égal, sont quelques-unes des valeurs aujourd’hui piétinées par les politiques migratoires. Ce sont pourtant ces valeurs qui devront revenir au premier plan pour stopper la progression de l’indifférence et de l’égoïsme, dénoncer le peu de valeur accordé à la vie humaine ou l’omniprésence de la violence institutionnelle. Il n’y aura pas de politiques migratoires justes et respectant les droits de chacun-e sans un changement de regard et de conception où s’exprimera l’esprit fraternel.

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