POUR UNE GOUVERNANCE LOCALE ET GLOBALE,
INCLUSIVE ET SOLIDAIRE DES MIGRATIONS

Les autorités locales, un levier pertinent pour défendre une vision alternative des migrations et de la citoyenneté ?

A rebours de politiques nationales caractérisées par la privation de droits, le tri et l’enfermement, des millions de citoyen.ne.s et des centaines de communes ouvrent leurs portes aux personnes en situation de migration. Partout dans le monde, de nombreuses municipalités « accueillantes », impliquant de grandes métropoles telles que Barcelone, Amsterdam, Sao Paulo ou New York…, ont attiré l’attention sur le caractère déterminant de l’action des villes pour un accueil digne des migrant.e.s sur le continent. En effet, non seulement les municipalités sont dépositaires de compétences étendues dans le domaine du logement, de l’éducation, de la santé, de la sécurité, de l’emploi et de l’insertion, mais elles sont aussi en première ligne face au défi de l’accueil et sont directement placées face au choix d’apporter des réponses pratiques aux situations de détresse.

Pour les organisations membres de l’O.C.U. penser l’accueil, c’est ainsi imaginer les territoires de demain comme des composantes actives et pleines d’un monde de mobilité, de globalité, sans nier le besoin humain d’enracinement et le mouvement, à l’œuvre, de relocalisation des économies comme des hommes. Faire le choix d’accueillir contre les injonctions au rejet procède toujours de l’invention, aux côtés des citoyens et des acteurs du territoire, et en appui à leurs actions. C’est aussi faire sens commun, et œuvre collective, face à la démission ou aux manquements des Etats et des administrations centrales. C’est ainsi prendre part au mouvement appelant aujourd’hui à la réhumanisation des politiques migratoires.

Des alliances locales entre autorités locales et société civile apportent des réponses effectives, adaptées et pérennes au respect du droit des personnes en exil et au vivre ensemble prouvant que l’accueil n’a rien de l’inaccessible utopie que les responsables politiques et les national-libéraux s’emploient à démontrer.
Au demeurant, ces expériences locales isolées ne peuvent infléchir les politiques nationales dont les acteurs locaux restent tributaires. C’est dans cette perspective que l’O.C.U. œuvre depuis 2015 à la construction des fondations possibles d’une alliance internationale qui viennent soutenir les alternatives locales et créer entre elles un lien pour induire un changement de paradigme global dans les politiques migratoires.

L’Alliance société civile – autorité locale pour une autre gouvernance des Migrations

Partageant le constat de l’urgence de construire un front commun entre territoires locaux et société civile pour défendre une autre politique migratoire en Europe et défendre un accueil digne des personnes en exil, l’Organisation pour une Citoyenneté universelle (O.C.U.) s’est associée à l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants (ANVITA) pour jeter les bases d’une alliance de travail lors d’une grande rencontre, à Paris, les 3 et 4 octobre 2019.

Cette rencontre tenue au Musée National de l’Histoire de l’Immigration a réuni plus de 180 participant.e.s (représentant.e.s de collectivités locales, représentant.e.s d’associations, réseaux, collectifs citoyens et syndicats) originaires de 25 pays et de 30 villes d’Afrique, des Amériques et d’Europe pour construire une stratégie collective autour d’objectifs concrets et atteignables, fixés dans un texte fondateur (lien vers texte fondateur). Ces deux journées d’échanges ont permis d’aboutir à un plan d’actions structuré en 2 axes transversaux et 8 pistes d’actions (lien vers le tableau des résultats).

Les actes de la rencontre de lancement lien vers le doc en pdf

Bandeau d’Actus de l’Alliance Migrations puis lien vers blog avec billets d’actus

Actions de l’OCU dans le cadre de l’alliance

Si l’O.C.U. participe au portage de l’Alliance Migrations, elle est également force de propositions d’action pour concrétiser son projet politique. Dans cette perspective, l’O.C.U. s’est engagé à moyen terme sur trois projets.

Labelliser les territoires de citoyenneté universelle

Dans la continuité des différents travaux d’analyse de bonnes pratiques et d’identification de territoires et réseaux d’acteurs mobilisés, le label de « territoire de citoyenneté universelle » se veut un instrument de mise en visibilité des propositions de l’Alliance Migrations.

Il s’agit par ce biais d’affirmer collectivement les deux axes sur lesquels se fonde cette alliance : la co-construction autorités locales/société civile des politiques d’accueil, et l’effort réalisé pour dépasser l’urgence et donner toute leur place aux exilé.e.s dans la vie de la cité.

Ce label a vocation à encourager des pratiques locales alternatives, favoriser les échanges entre territoires mobilisés et rendre visible ce qu’ils parviennent à mettre en œuvre de par le monde afin de le démultiplier et, à terme, de participer à un plaidoyer commun et transnational pour une autre gouvernance des migrations.

L’esprit de ce label est d’encourager les dynamiques porteuses d’espoir à l’heure où les politiques migratoires sont de plus en plus attentatoires aux droits humains. Le label ne vise donc pas à entrer dans une logique de jugement vis-à-vis des territoires parties prenantes mais bien de les soutenir dans un esprit de co-construction.

Pourquoi parler de « territoire de citoyenneté universelle »?:

Territoires

D’une part, il s’agit de prendre en compte différentes échelles d’action -du village de Riace à la métropole de Sao Paulo- tout en gardant comme critère la dimension locale de l’échelle humaine du vivre ensemble. D’autre part, en parlant de « territoires », on se réfère non seulement aux autorités locales mais à tout le réseau organisé des habitants et acteurs de la société civile qui forment ensemble la mosaïque humaine d’une commune ou d’une ville.

Citoyenneté universelle

Le label vient identifier des exemples concrets du projet défendu in fine par l’Alliance et fondé sur les deux axes transversaux: la co-construction des politiques de l’accueil avec tous les acteurs concernés et la place donnée aux exilés dans la vie de la cité En ce sens, la notion de « citoyenneté universelle » nous invite à penser les politiques migratoires audelà de l’urgence humanitaire pour garantir un minimum de dignité et de droits pour les exilés. Il s’agit de montrer que les territoires qui se saisissent de l’enjeu de l’accueil sous l’angle de la citoyenneté de tous et toutes, reconnaissent non seulement le droit à l’accueil digne mais aussi les droits sociaux, culturels et politiques des exilés. Cette approche permet la mise en oeuvre de politiques d’accueil plus efficaces et pérennes. Plus encore, elle ouvre de nouveaux champs pour penser le vivre ensemble, la démocratie locale, et même le dépassement du paradigme qui conditionne la citoyenneté à la nation, en affirmant l’universalité des droits de tous et toutes. On peut à ce titre citer en exemple la carte d’identité municipale présentée par la ville de New York lors de la rencontre de lancement de l’Alliance. En effet, cet outil permet non seulement à des personnes dans l’angle mort du droit américain d’accéder à l’éducation, à la justice, à des médicaments peu chers ou à un logement, mais aussi à la possibilité de réinvestir l’espace public. Elle lance un message fort de résistance face à la politique migratoire de l’Etat fédéral, en faisant primer le lieu de résidence sur le statut délivré par l’administration fédérale.

Défendre la stratégie de l’alliance avec les autorités locales auprès des acteurs de la société civile en prenant part au Forums Sociaux Régionaux des Migrations (FSRM)

Ces rencontres sont des moments importants d’échanges, de construction de stratégies collectives et de convergences pour les mouvements sociaux. Aussi, y participer permettrait notamment de défendre la stratégie de co-construction avec les autorités locales et de rallier de nouvelles forces autour de l’Alliance.

Ces temps organisés dans un premier temps à une échelle continentale pourraient de plus constituer autant de points d’étape entre des acteurs du réseau de l’alliance à l’échelle des régions du monde puis à l’échelle mondiale. Cela permettrait enfin d’inscrire une continuité du lien entre de l’alliance et le FSMM qui appelait déjà à cette dynamique depuis la session de São Paulo en 2016

S’appuyer sur la recherche académique, le GIEM

Inspiré de la démarche du GIEC, le « GIEM » a pour vocation de :

– Proposer une expertise scientifique indépendante sur les migrations,

– Répondre à des questions « policy relevant »

Contrairement au GIEC, il ne s’agit pas d’un groupe inter-étatique mais plutôt de structurer un large réseau de chercheur(euse)s exerçant depuis diverses régions du monde et dans différentes disciplines autour de la question des migrations. Aussi, l’O.C.U. propose de s’appuyer sur l’alliance pour participer à donner un portage politique à ce GIEM.

Il s’agira :

– D’aider à la constitution du réseau scientifique, en diffusant l’initiative notamment dans les régions moins couvertes par les trois initiatrices avec l’objectif de renforcer les réseaux académiques en Amérique latine, en Afrique et en Asie ;

– De contribuer à l’identification de questions « policy relevant » en faisant remonter des demandes, besoins, expertises ou autres de la part des acteurs de l’alliance dont les membres du GIEM pourront s’inspirer pour l’identification des thématiques ;

– De participer à l’organisation de la restitution et de débats autour du premier rapport du GIEM, en s’appuyant sur le réseau des territoires de l’Alliance.

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